Potiche   

by director François Ozon

I have always enjoyed giving strong parts to actresses where they are confronted with typically male situations. I had been looking for a long time for material to discuss women and power, within the family as well as within society or politics. Potiche, Barillet and Grédy’s (Cactus Flower) play was a miraculous discovery; I immediately liked its themes, context and structure, which seemed ideally suited to make a successful comedy.

The play was first performed in 1980 in Paris at the Theatre Saint Antoine, with Jacqueline Maillan in the leading role (the part was written for her). She successfully played the part for several years, and Danielle Darrieux took over the part for regional tours throughout France.

This play is the perfect vehicle for showcasing an actress’ talent. If today, you pick a great actress like Catherine Deneuve for the role of Suzanne, it's a way of continuing this tradition, while giving it a twist, since Deneuve herself has never done theatre. The modernity of her performance style and the sense of realism she gives the part seemed ideally suited to create a contemporary film adaptation of the play. For me, in keeping with 8 Women, it was a matter of taking on the theatrical material in order to transform it and making a commentary on today's reality.

Indeed, the text, in spite of some outdated situations, contains strong echoes of the current social climate in France. The Giscard years were a period of recession in France, which saw an increase in strikes, hostage situations and strained relations with trade unions. Of course, with this type of adaptation, which touches upon social and political realities, I never intended to make a film with a political message. Instead, it was a way to conjure, with humor, irony and tenderness, the place of women in the sphere of power and their emancipation at the dawn of the 1980s: “The story of a trophy wife who doesn't end up on a shelf.” I wanted to make this film in the spirit of Billy Wilder, a comedy which pulls the spectator along with plot twists and turns, unexpected situations, barely giving him the chance to take a breath.

If the film starts out in boulevard tradition, the idea was to gradually escape the genre's conventions in order to get closer to the truth, to reach greater depth and gravitas.

Although this joyous enterprise seems light on the surface, this film was a chance for me to deal with several themes in a more melodramatic way: the passage of time, the nostalgia of love, the macho obsession with power and the cruelty of relationships between men and women or parents and children.

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Director François Ozon's original version in French:

J’ai toujours aimé donner aux actrices des rôles de femmes fortes, confrontées à des situations habituellement masculines. Depuis longtemps, je cherchais un matériau pour parler des femmes et du pouvoir, aussi bien dans la famille que dans la société ou la politique. La pièce Potiche de Barillet & Grédy (Cactus Flower) fut une découverte miraculeuse, car ses thèmes, son contexte et sa structure m’ont tout de suite plu et semblé parfaits pour réussir cette comédie.

La pièce fut crée en 1980 à Paris au Théâtre Saint Antoine, avec dans le rôle principal (écrit sur mesure) : Jacqueline Maillan, qui assura pendant plusieurs années son succès, suivie de Danielle Darrieux pour des tournées dans toute la France.

Pour une actrice, cette pièce est le parfait véhicule pour montrer l’étendue de son talent. Choisir aujourd’hui Catherine Deneuve, grande actrice de cinéma, pour le rôle de Suzanne, est une manière de continuer cette tradition, tout en la pervertissant, sachant qu’elle-même n’a jamais fait de théâtre. La modernité de son jeu et l’incarnation réaliste qu’elle donne au rôle, m'a semblé idéal pour une adaptation aujourd’hui au cinéma de cette pièce. Dans la lignée de 8 femmes, il s'est agi pour moi d’assumer la matière théâtrale pour la transformer et la mettre en écho avec les réalités d’aujourd’hui.

Car ce texte, malgré la désuétude de certaines situations, contient de fortes résonances avec le climat social actuel en France. L’époque giscardienne fut une période de crise, qui vit se multiplier les séquestrations, les grèves et les rapports tendus avec les syndicats. Bien sûr, il n’a pas été question dans cette adaptation touchant à des réalités sociales et politiques de se lancer dans un discours partisan mais d’évoquer avec humour, ironie et tendresse la place de la femme dans la sphère du pouvoir et son émancipation à l’aube des années 80 : « l’histoire d’une potiche qui ne finit pas cruche ». J'ai voulu faire ce film dans l'esprit de Billy Wilder, une comédie qui doit entraîner le spectateur de rebondissements en surprises, de chamboulements en situations imprévues, sans lui laisser le temps de souffler.

Si le film commence dans une certaine tradition boulevardière avec ses conventions, l’idée a été d’y échapper peu à peu pour se rapprocher d’une certaine vérité, d’une profondeur et d’une plus grande gravité.

Derrière la légèreté apparente de cette joyeuse entreprise, ce film fut pour moi l’occasion d’aborder dans un registre plus mélodramatique les thèmes : du temps qui passe, de la nostalgie amoureuse, de l’obsession machiste du pouvoir et la cruauté des rapports hommes femmes ou parents enfants.